Les deux petits moines

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Voici une histoire ou un petit conte, qui me porte depuis quelques décennies… Il m’a guidée et permis d’entrevoir qu’aucune réalité n’est absolue, que les vérités, comme les millefeuilles ou les strates d’un sol, se déclinent à différents étages…

 

Ce conte a beaucoup circulé, il est fort possible que vous le connaissiez.

 

« Deux jeunes moines se disputent âprement au milieu du potager d’une lamaserie. Ils sont sur le point d’en venir aux mains. Un lama accourt et s’enquiert de l’objet de leur discorde. L’un des moinillons pointe furieusement son camarade du doigt en s’écriant :  

-       « Il a tué une limace, il est interdit d’ôter la vie d’une créature ! »

Le second apprenti s’indigne, le visage tout empourpré de colère :

-       « Cette limace s’apprêtait à manger la plus belle des salades, celle qui est destinée au Grand Lama ! »

L’ancien se gratte le crâne, a la sagesse de ne pas prendre parti, de reconnaître son hésitation.

(Il s’agit d’un homme particulièrement éclairé : la "ratatouille" – ou sacrée rouste - faisant partie du menu éducatif ordinaire des jeunes moines, y compris ceux désignés comme Tulkus… Nous le constatons en lisant les biographies de certains grands Maîtres… Cela laisse à penser que les Bouddhistes sont comme nous tous, très perfectibles…)

L’homme s’en remet donc au Grand Lama auquel il amène les garçonnets.

Le vénérable Ancien entend la plaidoirie du premier enfant et conclut :

-       « Il a raison. »

Puis il écoute attentivement le second et affirme :

-       « Il a raison aussi. »

 

Bien sûr, la question n’est pas de savoir si "Terminator-limace" n’aurait pas mieux fait de prendre délicatement le gastéropode dans ses mains pour aller le déposer plus loin, de saupoudrer ensuite des cendres au pied des salades. (Ou mieux : du sous-poil de votre chien recueilli sur la brosse, c’est l’infranchissable barrière écologique et non-violente que je vous suggère, de jardinière à jardiniers !...)

 

Deux opinions opposées peuvent coexister, observées à l’extérieur entre deux individus, ou bien au-dedans de nous. – Pouvons-nous nous accorder cet espace conscient, entendre, laisser cheminer et s’harmoniser ces oppositions ? (Jung en signale la richesse, l’étendue, au-delà des acrobaties préalables.)

 

Ne nous méprenons pas, l’Archer de la Conscience sait viser au plus juste de l’art Kyodo, depuis le fond de l’être, les yeux fermés, la flèche décochée transperce la cible. Il n’est nullement question d’un syndrome de "balle au centre", cruel et injuste pour les innocents ou les victimes, préjudiciable pour le système social, le droit des personnes ou l’avenir de la Planète. Les prises d’opinion sont nécessaires, souvent indispensables. Point d’identifications à un laxisme de la pensée, mais cheminer vers un juste discernement.

 

 – De multiples sentiers nous attendent !

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Sylvie Condesse - Sophrologue - N° de SIRET : 824 948 384 00014

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